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18/02/2013

ATTAQUE ARMÉE: LA GUINÉE ANNEXE UN VILLAGE IVOIRIEN (KPEABA). LES POPULATIONS EN FUITE




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Les militaires guinéens s’emparent d’un village ivoirien (KPEABA) – des populations en fuite.

Depuis le vendredi 8 février 2013, un impressionnant détachement des forces armées guinéennes ( Fag) s’est emparé du village de Kpéaba, situé à une quinzaine de kilomètres de la ville frontalière ivoirienne de Sipilou, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans le département de Biankouma.
Cette incursion de l’armée guinéenne, en territoire ivoirien est la résultante d’un vieux litige frontalier qui oppose les deux pays. La Guinée revendique son appartenance sur cette terre, malgré un tracé de frontière qui attribue à la Côte d’Ivoire cette enclave qui couvre le village de Kpéaba.
Selon des sources villageoises et sécuritaires, les militaires guinéens tiennent, fermement, actuellement les différentes positions sur les pistes dessertes pour éviter toute riposte de la part des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Ces militaires guinéens qui, selon des sources, attendent des renforts dans les prochains jours en territoire ivoirien, (8 février) s’emploient à consolider leurs positions. En territoire conquis, ils patrouillent, de jour comme de nuit dans le village, exigent des villageois de la nourriture et d’autres besoins. Devant cette situation de quasi occupation, des habitants ont fui en brousse. « Mes voisins et mes cousins ont fui depuis vendredi à l’arrivée des soldats guinéens ici. Ils n’ont pas assez de moyens à donner et pour éviter tout problème, ils ont préféré fuir en brousse.
D’autres personnes ont également fui et actuellement, il n’y a plus assez d’hommes ici dans le village. C’est une occupation inacceptable », nous a confié, très écœuré, un habitant de Kpéaba, originaire de Sipilou.
Les Frci qui y étaient déployées ont opéré un repli tactique avant l’arrivée des soldats guinéens. Ce « repli stratégique » s’explique, à en croire les sources militaires, par la volonté des autorités politiques et militaires ivoiriennes, d’éviter un conflit ouvert pouvant déboucher sur un affrontement entre militaires entre les deux armées sœurs. « Il y a le problème malien qui engage des armées de la sous-région. Donc nous n’avons pas voulu jeter de l’huile sur le feu. C’est pourquoi, nous avons demandé à nos hommes de replier. Mais tout cela va se régler avec la visite des responsables de grands commandements en provenance d’Abidjan, dans les prochains jours », nous a confié un officier des Frci que nous avons joint à Man.
Pour l’heure, les militaires guinéens, tiennent solidement leurs positions. Une situation difficilement acceptable par les populations de Kpéaba. « Il faut trouver une solution définitive à ce problème qui date de 1999 au moment où le Général Guéï Robert était au pouvoir. Certes, la frontière ivoiro-guinéenne ici n’est pas matérialisée, mais que nous ne soyons pas pris entre deux feux ou victimes d’exactions des militaires guinéens », s’est emporté un habitant sur place.
M’BRA Konan