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27/10/2012

URGENT- AMNESTY INTERNATIONAL: Plus de 200 personnes, dont des membres du FPI, ont été arbitrairement détenues et torturées par le régime Ouattara (G. Mootoo)



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LE 26 OCTOBRE 2012 PAR IVOIREBUSINESS - AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
26 octobre 2012

Gaëtan Mootoo, chercheur d'Amnesty International, de retour de mission en Côte d’Ivoire et basé à Paris, est disponible pour des interviews.

IL EST TEMPS DE METTRE FIN AU CYCLE DE REPRÉSAILLES ET DE VENGEANCE

Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux, révèle aujourd'hui Amnesty International au retour d'une mission d'un mois en Côte d'Ivoire.

« Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l'électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d'entre eux ont été victimes de sévices sexuels » a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International. « Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats. »

Laurent Gbagbo a été Président de la Côte d'Ivoire de 2000 à 2010 avant d'être chassé du pouvoir suite à une élection contestée qui a dégénéré en affrontements violents.

Après un conflit de quatre mois qui a fait plus de 3 000 morts, Laurent Gbagbo a été arrêté en avril 2011 puis transféré à la Cour pénale internationale à La Haye pour des inculpations liées aux violences postélectorales.

Durant sa mission, Amnesty International a rencontré quatre détenus dans un lieu de détention non-reconnu comme tel, le Génie militaire, une caserne à Abidjan. Ces personnes avaient été détenues au secret pendant plus d'un mois.

Dans de nombreux cas, malgré des demandes et des efforts inlassables pour retrouver leur proche dans différents lieux de détention, des familles ont été laissées sans aucune information et n'ont appris le sort de leur parent que par le biais d'Amnesty International.

Parmi les personnes détenues dans des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan, certaines ont été inculpées d'atteinte à la sûreté de l'État. D'autres ont été remises en liberté sans inculpation ni jugement. Dans certains cas, les remises en liberté ont fait suite à des rançons versées à des membres de l'armée.

Tel a été le cas pour un membre du FPI, qui a été arrêté à Abidjan le 27 août 2012, car accusé d'être un milicien.

Il a été libéré deux jours plus tard contre une rançon. Il a déclaré à Amnesty International : « Mes parents ont d'abord versé 50 000 francs CFA (environ 75 euros), puis après ma libération, mes geôliers sont venus chez moi et ont exigé une somme plus élevée. Je leur ai dit que je ne pouvais pas payer une telle somme et ils ont accepté de recevoir 20 000 CFA (30 euros) ».

Dans un autre cas, un policier est décédé des suites de torture. Serge Hervé Kribié a été arrêté à San Pedro le 21 août 2012 par les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, l'armée nationale) et interrogé sur de récentes attaques. Il a été déshabillé, attaché à un poteau, aspergé d'eau puis a reçu des décharges électriques. Il est mort quelques heures plus tard.

Au cours de la mission, Amnesty International a rencontré de hauts responsables proches de Laurent Gbagbo qui sont détenus dans quatre villes du centre et du nord du pays, notamment son épouse, Simone Gbagbo, détenue à Odienné, son fils, Michel Gbagbo, emprisonné à Bouna, et des personnalités majeures de l'administration précédente, détenues à Boundiali et Korhogo.

Tous sont inculpés de plusieurs infractions dont des atteintes à la sûreté de l'État et l'assassinat.

« Certains d'entre eux nous ont dit que, bien que détenus depuis avril 2011, ils n'ont vu le juge d'instruction que deux fois, et ce pour quelques heures », a déclaré Gaëtan Mootoo.

La délégation a rencontré l'un des juges chargés de ce dossier. Celui-ci a déclaré qu'en raison de la confidentialité des enquêtes, il ne pouvait donner aucune information sur les dossiers, mais qu'il clôturerait son enquête avant la fin de l'année.

La délégation d'Amnesty International s'est également rendue à Duékoué et dans les villages environnants dans l'ouest du pays où des fosses communes ont récemment été découvertes.

Amnesty International s'est entretenue avec des personnes déplacées ayant vécu dans le camp de Nahibly qui a été attaqué par des Dozos (chasseurs traditionnels qui sont une milice soutenue par l'État) et des membres des FRCI en juillet 2012 en représailles à la mort de quatre personnes.

Amnesty International a recueilli des témoignages crédibles de nombreuses personnes relatant des détentions arbitraires, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires suite à ces événements.

Cette attaque et les violations qu'elle a entraînées se sont produites alors que les soldats de maintien de la paix de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) étaient stationnés à l'extérieur du camp et bien que la police des Nations Unies était postée à l'intérieur.

« Bien que reconnaissant que le gouvernement ivoirien fait face à une vague d'attaques, nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d'une volonté de représailles et de vengeance », a déclaré Gaëtan Mootoo.

« Plus de dix-huit mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011, il est grand temps pour le Président Alassane Dramane Ouattara d'aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement. »

Amnesty International France
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Créée en 1961, Amnesty International est un mouvement mondial et indépendant plus de 3 millions de personnes qui œuvrent pour le respect, la défense et la promotion de tous les droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Amnesty International a reçu le Prix Nobel de la paix en 1977. Amnesty International France (AIF) a été créée en 1971. Son financement repose sur la générosité du public (plus de 180 000 donateurs), sur les ventes de produits de soutien et les cotisations de ses membres (plus de 18 000). AIF est agréée par le Comité de la charte du don en confiance.

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17/10/2012

Côte d’Ivoire: ASSOCIATED PRESS CONFIRME LES Tortures à l’échelle industrielle à San Pedro par le régime Ouattara



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Le 17 octobre 2012 par IVOIREBUSINESS - Samedi dernier, l’agence de presse américaine Associated Press dans un article publié par un grand nombre de médias américains (Washington Post, Fox News, Yahoo, Salon.com, etc…), confirmait les cas de torture à grande

échelle à San Pedro.
Le Nouveau Courrier publie ici de larges extraits de la dépêche d’Associated Press.

"Les soldats alignaient les détenus sur l'herbe au milieu de la nuit et les frappaient avec des bâtons. A certaines occasions, ils frappaient les prisonniers avec des ceintures et des fusils avec une telle force que les traces de leurs coups ont été apparentes sur les corps des infortunés pendant des semaines. Cédric Bao, 33 ans, qui a été détenu pendant deux semaines en août parce qu’on le soupçonnait de cacher des armes, a affirmé que les soldats «connectaient» les détenus avec des fils et leur administraient des décharges électriques au point qu’ils se tordaient de douleur sur le sol. «Quand cela se produisait, les fils faisaient grand bruit, et les lumières clignotaient, une odeur de brûlé planait. On pouvait entendre les gens crier», raconte Bao. «Je priais Dieu pour ne pas y passer.»

«Un gardien m’a mis le pistolet dans la bouche et m’a dit de parler»

(…) L’Opération des Nations unies dans le pays a déclaré, à la mi-août, que cent arrestations de personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces attaques avaient été documentées. Un responsable onusien, qui n’est pas autorisé à parler au nom de la mission, a déclaré cette semaine que ce nombre avait plus que doublé. Alors que les allégations de tortures ont été documentées au sujet de multiples installations militaires, les fonctionnaires de l’ONU ont déclaré que les pires témoignages provenaient de détenus du camp de San Pedro, faisant notamment état de chocs électriques. Peu de détenus dans la ville ont parlé de leurs expériences dans ce camp en raison des menaces qu’ils ont reçues avant d’être libérés, a déclaré Serge Dagbo, représentant à San Pedro de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme. Mais dans de récentes interviews avec Associated Press, quatre anciens détenus ont décrit des conditions difficiles marquées par des locaux exigus, de la nourriture minimale et l'utilisation fréquente de la violence pour extorquer des aveux. Comme les autres détenus, 40 ans, Plika Sokouli dit qu'il n'a jamais su exactement pourquoi il a été arrêté à la fin août sur le stand où il vendait des ananas et des liqueurs faites maison. Mais selon lui, les menaces de violente se sont manifestées dès son arrivée au camp. «Quand je suis arrivé, un gardien a pris un pistolet, l’a mis dans ma bouche et m’a dit d'en parler», a-t-il raconté. «J'ai dit que je ne savais rien.»

«Un policier devenu inconscient suite aux électrocutions»

Christian Hino, un ancien employé de station-service actuellement sans emploi, a déclaré que huit détenus ont été menottés avant d’être soumis à des séances de torture en tête-à-tête, qui ont duré jusqu’à 25 minutes. Quatre d’entre eux étaient maintenus sur le gazon devant le bâtiment principal du camp, et de longs fils étaient attachés à leurs pieds, aux sections médianes et à leur cou, et des chocs électriques leur étaient administrés. «Vers 4 heures, un policier qui a été arrêté est devenu inconscient suite aux électrocutions», a dit Hino. «J’avais vraiment peur. Il ne réagissait pas. Les gens se demandaient s’il était mort.» Haut responsable du camp, le capitaine Sékou Ouattara Béma a nié les allégations de mauvais traitements physiques, et a affirmé que les prisonniers n’avaient jamais été détenus pendant plus d’une journée ou deux. Pourtant, il a justifié la campagne de l’armée pour extirper les ennemis de la population locale. «C’est à cause de notre détermination et de notre travail que San Pedro n’a pas été attaquée», a-t-il dit.

Le lieutenant Aboubakar Traoré, commandant en second du camp, a également nié les violences physiques administrées au camp. Mais il dit que les soldats pouvaient avoir recours à la torture quand les commandants étaient absents. «Je ne veux pas dire que nous sommes parfaits», a-t-il dit. «Je ne dors pas ici. Je ne sais pas exactement ce que font les soldats quand je dors.» Mais selon un garde, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, par crainte de représailles, ces prisonniers étaient régulièrement détenus pendant plusieurs jours d'enquête. Il a également déclaré que les coups étaient monnaie courante, prétendant qu'ils se sont produits en l’absence des commandants. Interrogé sur la sévérité des coups, il s’est mis à rire et a dit : «Il n'y a pas deux façons de frapper quelqu'un. Nous les avons battus sévèrement afin qu'ils se souviennent.»

La torture pourrait s’aggraver avec la nomination d’Ousmane Coulibaly

Les allégations de mauvais traitements à San Pedro doivent être immédiatement examinées, a déclaré Matt Wells, chercheur Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. «La nature et les caractéristiques de la maltraitance des détenus indiquent que, au minimum, les commandants du camp auraient dû avoir connaissance de tels abus et avoir pris des mesures pour les prévenir et de punir les soldats impliqués», a-t-il dit. «Les autorités ivoiriennes doivent enquêter immédiatement et veiller à ce que toute personne soit traduite en justice.» En attendant, la torture à San Pedro pourrait bientôt s'aggraver. Le gouvernement a confirmé cette semaine que Ousmane Coulibaly, un commandant de l'ancienne zone du groupe rebelle des Forces nouvelles, qui a contrôlé le nord de Côte d'Ivoire de 2002 à 2010, avait été nommé préfet de la région de San Pedro. Coulibaly a été mis en cause par Human Rights Watch dans des crimes graves durant la crise post-électorale, y compris la torture et les exécutions extrajudiciaires dans le quartier de Yopougon à Abidjan. Wells a déclaré que cette nomination «insulte les victimes de ces abus et la promesse du gouvernement d'offrir une justice impartiale.»

En attendant que Coulibaly soit installé à son nouveau poste, les anciens détenus de San Pedro se demandent si les mauvais traitements qu'eux ou d’autres ont enduré ont rendu la ville plus sûre. «Je ne crois pas aux aveux qu'ils ont obtenu», a dit Bao, «parce que ces aveux ont été obtenus sous la torture.»"

Source Associated Press

27/05/2012

Gbagbo a été torturé, selon le rapport d’un expert de la CPI/Ces mauvais traitements qui invalident la procédure…


Gbagbo a été torturé, selon le rapport d’un expert de la CPI/Ces mauvais traitements qui invalident la procédure…
par La rédaction le 26/05/12 à 10:06
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La Défense du plus célèbre prisonnier politique d’Afrique persiste et signe, en se fondant sur le rapport d’un expert accrédité à la CPI, dont le sérieux ne saurait donc être mis en cause, datant du 31 mars 2012. Laurent Gbagbo a été soumis à des mauvais traitements assimilables à des tortures à l’hôtel du Golf et à Korhogo. Au-delà du choc moral et des éventuelles conséquences judiciaires pour le camp des tortionnaires – ce type de crimes étant du ressort de cette juridiction –, les conséquences juridiques sont impitoyables. Et devraient conduire à l’annulation d’une procédure viciée par ces violations des droits de l’homme. Extraits.
‘‘Le 13 avril 2011, après accord des responsables français et onusiens, le Président Gbagbo est transféré dans le nord du pays, à Korhogo. Il y sera gardé par un chef militaire rebelle, le commandant Martin Kouakou Fofié. Ce dernier fait l’objet de sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour violations des Droits de l’Homme et notamment des arrestations arbitraires et des exécutions extrajudiciaires, des sévices sexuels sur les femmes, l’imposition de travail forcé et le recrutement d’enfants soldats.
L’arrestation brutale du Président Gbagbo, sa détention à l’hôtel du Golf et son transfert à Korhogo sont illégaux: aucune procédure n’a été ouverte le concernant, aucun mandat d’arrêt n’a été émis, aucune charge n’a été portée contre lui par un juge ou une quelconque autorité.

Quand Kofi Annan et Desmond Tutu sanctifiaient des traitements inhumains

C’est un homme traumatisé et fatigué qui est enfermé dans une maison appartenant à l’un des proches de Guillaume Soro. Il n’en sortira plus qu’à quelques reprises pendant huit mois. Ses geôliers maintiendront d’abord la fiction que le Président Gbagbo est détenu à la Résidence Présidentielle de Korhogo où il ne sera transféré que pour quelques heures afin de rencontrer l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, Desmond Tutu et Mary Robinson en mai 2011 (ces visiteurs illustres prétendront que les conditions de détention du Président étaient bonnes) et le Représentant Spécial pour la Côte d’Ivoire du Secrétaire Général des Nations Unies, Young Jin Choi, qui lui non plus ne trouvera rien à redire aux conditions de détention du Président Gbagbo. En réalité, à peine les visiteurs partis, le Président était raccompagné dans son lieu de détention, sous la garde des hommes du commandant Fofié. (…)
Au cours de cette détention arbitraire, le Président Gbagbo fut victime quotidiennement de mauvais traitements et d’actes de torture.
Enfermé dans une chambre de trois mètres sur trois, sans pouvoir faire le moindre exercice, sans pouvoir même marcher à l’extérieur de la maison, peu nourri et surtout ne disposant pas des médicaments nécessaires au traitement de ses pathologies, le Président Gbagbo s’affaiblit rapidement (Cf. annexes 6 et 7). Au bout de quelques semaines, il est méconnaissable et ne peut plus se déplacer sans aide. Malgré les demandes de son médecin, ces geôliers refusent de le soigner de manière décente et même de le faire examiner dans un environnement hospitalier.
A ce régime, ayant pour objectif de l’épuiser physiquement et moralement, s’ajoutent les pressions psychologiques : pendant les huit mois de sa détention, il lui est interdit de communiquer avec les membres de sa famille et avec ses Avocats, lesquels ne peuvent lui rendre visite qu’à de très rares reprises et après avoir surmonté de très grandes difficultés (Cf. Infra 2.1.2).
L’état de santé du Président se dégrade à tel point que, d’après les quelques rares visiteurs et d’après son médecin – lui aussi enfermé de manière arbitraire – la situation devient, à partir du mois d’octobre 2011, critique.

Les phrases du médecin expert qui accusent Ouattara

Le médecin expert, mandaté par la défense peu de temps après l’arrivée du Président Gbagbo à La Haye, précise dans son rapport du 31 mars 2012 que les conditions de détention du Président Gbagbo «doivent être considérées comme une forme de mauvais traitement aussi sérieux que des abus physiques et la torture». Il précise : «l’isolement est habituellement utilisé pour casser les prisonniers».(Cf. annexe 8). Il ajoute que l’état de santé préoccupant du Président Gbagbo résulte d’un traitement de ce qui «doit être regardé comme des mauvais traitements et même comme de la torture». Le mauvais état de santé actuel du Président Gbagbo résulte d’après lui de ces tortures et révèle typiquement un «syndrome de l’hospitalisation». Il précise : «Les problèmes médicaux actuels du Président Gbagbo proviennent des conditions inhumaines de sa détention».

22:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gbagbo, tortures, korhogo, cpi