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08/10/2012

Mali: Ansar Dine accuse Alassane Ouattara de dérive guerrière avec la CEDEAO




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Rebelle malien du groupe islamique Ansar Dine.
Le 08 octobre 2012 par IVOIREBUSINESS - Selon le représentant du groupe islamique Ansar Dine à Tombouctou au cours d’une interview au journal Le

Point, Alassane Dramane Ouattara chef de l’Etat ivoirien et président de la Cedeao, ne souhaite pas la voie de la négociation mais préfère celle de la guerre. Alors que beaucoup d'Etats africains et même le gouvernement malien de Dionconda Traoré sont pour la négociation avec Ansar Dine.
La raison invoquée: Alassane Dramane Ouattara a des problèmes de sécurité et une rébellion à l’intérieur de son pays et voudrait ENTRAÎNER la Cedeao dans une escalade militaire pour les régler.

INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW

(Le point ) • Ansar Dine, un mouvement d'obédience salafiste, s'est emparé du nord du Mali en s'alliant d'abord avec les indépendantistes touareg, puis avec des mouvements de la mouvance d'al-Qaida. Les islamistes se sont rendus coupables de nombreuses exactions et également de la destruction de lieux de culte musulmans, impurs à leurs yeux. Alors que la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) s'active en ce moment même pour tenter d'intervenir dans la région, Sanda Ould Boumama, le représentant d'Ansar Dine à Tombouctou, a répondu aux questions du Point.fr. Il accuse les pays voisins de s'opposer à la recherche d'une solution négociée avec Bamako et rappelle ses objectifs : l'instauration de la charia dans le nord du Mali, voire au-delà.

Le Point.fr : Bamako et les pays ouest-africains de la Cedeao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) s'activent auprès des Nations unies pour lancer au plus vite une opération militaire de reconquête. Est-ce que, de votre côté, vous vous préparez aux combats ?

Sanda Ould Boumama : Nous sommes prêts, nous n'avons jamais laissé les armes. Mais nous pensons que la solution ne doit pas être militaire. Notre vision, c'est qu'il doit y avoir une autre méthode pour régler ce conflit.

Vous voudriez négocier avec Bamako ?

Je pense que l'État malien est favorable à des négociations, et que ce sont d'autres États qui veulent faire la guerre. Le président Dioncounda Traoré, dans son discours de célébration de l'indépendance, l'a répété. Et à Bamako, beaucoup de gens sont opposés à toute intervention extérieure.

Donc, selon vous, ce sont les pays de la Cedeao qui essaieraient d'imposer cette opération militaire ?

C'est ce que nous voyons ! Certains présidents veulent envoyer leurs officiers hors de chez eux, au Mali, pour éviter d'avoir eux-mêmes des problèmes. La Côte d'Ivoire, par exemple, a des problèmes intérieurs, et c'est une manière de s'en débarrasser.

Selon diverses sources, Ansar Dine aurait commencé à discuter avec d'autres pays que le Mali pour une sortie de crise pacifique, notamment avec l'Algérie... Vous confirmez ?

Le Burkina Faso, l'Algérie ou la Mauritanie ne veulent pas d'intervention militaire, parce qu'ils savent que cela ne va pas résoudre les problèmes. Cela va les aggraver, surtout sur le plan sécuritaire, pour les populations.

Aujourd'hui, existe-t-il des contacts entre vous et Bamako ?

Nous avons toujours eu de nombreux contacts avec les Maliens, cela n'a jamais cessé. Il y a notamment l'imam Mahmoud Dicko (président du Haut Conseil islamique malien, NDLR). Pour nous, c'est une personnalité de poids. Nous avons aussi des contacts avec des hommes politiques et des organisations de la société civile, qui sont venues dans le Nord nous rencontrer. Le problème, ce n'est pas le contact avec le Mali, c'est l'agenda guerrier d'autres pays.

Quelles sont vos revendications ?

Nous voulons l'application de la charia, c'est notre premier objectif. Par ailleurs, les populations du Nord ont toujours été tenues à l'écart du développement, sur le plan social comme sur le plan économique : nous voulons retrouver tous nos droits.

Dans le cadre d'un État indépendant au Nord ? D'un État islamique dans tout le Mali ? D'une autonomie des régions du Nord pour y appliquer la charia ?

C'est à discuter. Dans notre conquête, nous n'avons pas dépassé les régions du Nord. Si les autres régions veulent nous rejoindre pour l'application de la charia, nous y sommes favorables : l'application de la charia est de notre responsabilité à tous, dans le Sud comme dans le Nord. Mais, en ce qui nous concerne, nos revendications s'arrêtent aux trois régions du Nord, auxquelles nous nous sommes limités depuis plusieurs mois.
Vous prônez une application de la charia que des leaders religieux du monde entier dénoncent, à commencer par les imams maliens du Haut Conseil islamique. Est-ce que cela ne vous semble pas un problème de parler au nom de l'islam, alors que de grands imams récusent votre vision de l'islam ?
Nous sommes prêts à discuter. S'ils pensent que nous nous trompons, ils peuvent venir ici nous montrer ce qui ne va pas, nous sommes ouverts. Si les imams ont une autre vision qui ne correspond pas à ce qu'on dit, ils n'ont qu'à venir discuter avec nous.

Le fondateur d'Ansar Dine, Iyad ag Ghali, est un Touareg issu du mouvement indépendantiste. Est-ce qu'une réconciliation d'Ansar Dine et du MNLA est envisageable, selon vous ?

Ce qui nous concerne, c'est l'application de la charia. Notre position est très claire : nous n'avons jamais cessé de parler avec le MNLA, mais la seule chose qui peut nous réunir aujourd'hui, c'est l'islam. Nous ne sommes pas venus arracher le drapeau d'un État laïque, celui du Mali, pour planter celui d'un autre État laïque qui s'appellerait l'Azawad. Pour nous, ce serait du pareil au même.

Les pays occidentaux sont globalement favorables à une intervention armée, même s'il reste des points à préciser. Est-ce que vous avez un message à leur adresser ?

Je veux dire aux pays d'Occidentaux qu'ils s'impliquent dans des conflits qui ne les concernent pas. Les musulmans ont le droit de vivre conformément à leur religion et à leur civilisation. Vous apportez vos problèmes dans notre monde islamique, en Irak, en Afghanistan, mais nous sommes et resterons différents de vous, il faut nous respecter.

Patrice Lecomte

Source: LE POINT

16/08/2012

Raflés, drogués puis transférés au Mali


15/08/2012
Raflés, drogués puis transférés au Mali
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15 août 2012

Des informations en provenance de sources concordantes au sein des FRCI nous révèlent que certains jeunes raflés depuis un moment en Côte d’Ivoire dans le cadre des opérations de ratissage initiées par l’Etat-Major des forces républicaines, sont drogués et transférés dans un camp au Mali.

D’autres sources au Mali nous annoncent des convois réguliers d’individus suspects à bord de véhicules de type « Kia » totalement recouverts, en mouvement à la frontière.

Dieu protège nos parents, amis et connaissances. Soyons tous beaucoup prudents !

26/03/2012

La délinquance en treillis, épidémie ouest-africaine (par Théophile Kouamouo)

La délinquance en treillis, épidémie ouest-africaine (par Théophile Kouamouo)


par La rédaction le 26/03/12 à 7:09
La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C’est-à-dire à la case coup d’Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle» démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu’il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des «modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu’une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l’expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de circonspection. Ce qui s’est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d’un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s’est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manœuvres.


Si un des signes de la démocratie est l’existence d’une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l’on ne peut pas vraiment dire que le Mali d’Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d’une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n’a pas non plus bénéficié du soutien d’une armée qu’il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l’intégrité territoriale de son pays n’a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d’officier et d’homme d’Etat.

L’on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d’Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n’éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest. Nous devons nous poser une question : pourquoi n’y a-t-il donc ni de coup d’Etat, ni de rébellion dans les pays d’Afrique australe, à l’exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n’est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu’il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s’exprimer, prendre le pouvoir, en s’attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l’occasion d’une mutinerie qui n’est pas allée jusqu’à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l’armée française et les Casques bleus de l’ONU. La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd’hui, une épidémie ouest-africaine. Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour renverser Laurent Gbagbo, l’opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d’ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l’ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l’Union économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) n’engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics – carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés…– en transitant par les pays voisins. Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d’Afrique de l’Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n’enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l’honneur de se faire recevoir par leurs chefs d’Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l’imaginaire des «corps habillés» des contrées environnantes ?

L’on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s’organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit «Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste» et «rebelle», et que son numéro deux s’appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d’un Alassane Dramane Ouattara s’adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ? L’Afrique de l’Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s’amoncellent au-dessus de nos têtes.

Théophile Kouamouo