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27/04/2012

Afrique: Hollande peut-il tuer la Françafrique?


Afrique: Hollande peut-il tuer la Françafrique?

ven, 27 avr. 2012 - 8:31 Catégorie:Actualités

Le mouvement des Africain-Français pour mettre fin à la françafrique: Fodé Sylla congratulant Calixte Belaya, présidente du MAF.
Le 27 avril 2012 par Slateafrique.com - Le candidat socialiste à la présidentielle française veut en finir avec les réseaux de la Françafrique, s’il est élu en mai.

François Hollande arrive en tête du premier tour de la présidentielle 2012. Il obtient 28,3% des suffrages face au président sortant Nicolas Sarkozy. Ce dernier arrive deuxième avec 27,08%. La grande surprise de ce scrutin est la percée de Marine Le Pen qui est le «troisième homme» de cette course à l’Elysée. La candidate du Front national obtient 18,01%, alors que Jean-Luc Mélenchon arrive quatrième avec 11,13% suivi de François Bayrou, 9,11%. Le taux de participation quant à lui est de 80,3%.
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«Je souhaite faire de la France, un partenaire de l’ensemble des nations africaines. Cela implique une coopération débarrassée des formes anciennes héritées de la période post-coloniale dure et tournée résolument vers les défis des sociétés africaines du 21e siècle.»
Le 11 mars 2012, lors d’un point de presse à Paris, François Hollande a levé le voile sur l’orientation qu’il entend donner aux relations entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique, s’il accède à la magistrature suprême en mai. Des promesses qui rappellent celles qu’avait faites en 1981, le premier président socialiste de la France, François Mitterrand. On sait ce qu’il en est advenu. Jean-Pierre Cot, son jeune et bouillant ministre de la Coopération l’avait pris au mot et ne manquait pas une occasion de faire passer, sans ménagement, le message aux chefs d’Etat africains.
Mais, dès les premiers froncements de sourcils d’Omar Bongo et autres Gnassingbé Eyadéma, François Mitterrand tourne casaque. Jean-Pierre Cot a été remercié en décembre 1982. Remplacé par Christian Nucci. L’ancien maire de Beaurepaire (sud-est de la France) a été chargé d’apaiser et de rassurer les dinosaures africains. Mission qu’il accomplit avec un zèle certain. Christian Nucci finit même par être impliqué dans la ténébreuse affaire du Carrefour du développement. Un scandale portant sur un détournement d’une somme 27 millions de francs (4.116.124 euros), entre 1984 et 1986.

De vieilles promesses
Le second septennat de François Mitterrand n’a pas brillé par ses distances avec la Françafrique. Lors de la 16e Conférence des chefs d’Etat d’Afrique et de France, l’ancien président socialiste avait pourtant conditionné l’aide au développement en direction des pays africains, à l’engagement de ces derniers à enclencher des réformes démocratiques. Malgré le discours de La Baule donc, en juin 1990, la situation a continué à se dégrader. L’un des symboles de cette dégradation étant la nomination du propre fils de Mitterrand, Jean-Christophe, à la tête de la fameuse cellule africaine de l’Elysée. Jean-Christophe Mitterrand, succédant à Guy Penne, va se noyer, à son tour, de 1986 à 1992, dans le marigot africain.
«Il pêche à la ligne avec Mobutu, copine avec le fils d’Omar Bongo qui le promène dans sa Mercèdes couleur framboise, convivial et sans méfiance, il se sent à l’aise dans les micmacs de la Françafrique», écrit l’hebdomaire français Le Point, le 7 novembre 2001.
«Avec Jean-Christophe, nous réglons les petites affaires habituelles. Avec le ministre de la Coopération, nous parlons de la politique africaine de la France», peut-on lire dans le même article qui rapporte une confidence d’un chef d’Etat africain.
François Hollande va-t-il donc réussir à redorer le blason socialiste en Afrique, et réussir là où son illustre aîné François Mitterrand a failli? Comme la plupart des hommes et femmes politiques de sa génération, il n’a pas le tropisme africain. La seule fois où il a publiquement parlé de l’Afrique, c’était au plus fort de la crise en Côte d’Ivoire. Au moment où les escadrons de la mort, agissant pour le compte du régime de Laurent Gbagbo, terrorisaient et tuaient les opposants à Abidjan. Il s’était spectaculairement démarqué d’un certain nombre des éléphants de son parti qui soutenaient leur camarade de l’Internationale socialiste, en déclarant avec fracas: «Laurent Gbagbo est infréquentable.»
Le président du Conseil général de Corrèze est aussi un proche de Lionel Jospin. Un homme connu pour sa rigueur morale. Le seul qui a véritablement tenté de «moderniser et moraliser les relations Afrique-France» en 1998, quand il était Premier ministre. Il y serait, peut-être parvenu, sans la présence de Jacques Chirac à l’Elysée. C’est Lionel Jospin qui, le premier, a enclenché le mouvement de fermeture des bases militaires françaises en Afrique.

Faire comme Obama

Selon Kofi Yamgnane, François Hollande adoptera la même ligne de conduite que Barack Obama, car «il estime que c’est le rôle d’un chef d’Etat de fixer des standards démocratiques élevés et de ne pas légitimer des autocrates en leur rendant des visites de complaisance ou en les recevant aux frais de la République, un jour, pour ensuite les vouer aux gémonies».
Et l’ancien secrétaire d’Etat à l’Intégration de François Mitterrand, désormais l’un des messieurs Afrique du candidat socialiste, d’énumérer pour SlateAfrique, les cinq principales orientations qui devraient caractériser la politique africaine de Hollande:
«Faire un bilan sans complaisance des 50 ans de relations ambigües, illustrées par la Françafrique; lancer une opération vérité sur la politique de l’aide publique française au développement ; refonder les relations avec l’Afrique sur des bases saines (…); prendre en compte l’impératif démocratique sur le continent; participer au renforcement de le sécurité collective en Afrique même si la définition de l’architecture de défense du continent revient d’abord aux organisations régionales et sous-régionales africaines.»
Antoine Glaser, l’ancien directeur de la rédaction de La Lettre du continent, est plus circonspect:
«Il m’étonnerait que sa politique africaine soit très éloignée de celles déjà initiée par Nicolas Sarkozy et dont les grandes lignes passent par une normalisation des relations de la France avec l’Afrique. Il y aura de moins en moins une politique africaine de la France, mais une politique de la France en Afrique, comme il y a une politique de la France vis-à-vis des Etats-Unis ou vis-à-vis de la Russie.»
Ce fin connaisseur des arcanes de la Françafrique à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, précise aussi:
«De toute façon, la France n’a plus le choix. Quelques réseaux franco-africains font encore de la résistance. Mais la Françafrique n’existe plus comme institution, parce que Paris n’a plus les moyens de la maintenir en l’état. L’Afrique se mondialise. La France l’a si bien compris qu’elle tente depuis plusieurs années d’européaniser la politique africaine.»

La percée des hommes neufs

Une chose est sûre. Avec Kofi Yamgnane, François Hollande a choisi de confier le dossier africain à des hommes neufs. Comme Thomas Melonio, un ancien cadre de l’Agence française de développement (AFD), Kader Arif, proche de Lionel Jospin et spécialiste, selon Antoine Glaser, de tout ce qui touche au développement, Pierre Shapira, un adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et Puria Amirshai, secrétaire national du Parti socialiste à la Coopération, la Francophonie, et au Développement.
Ces jeunes mousquetaires pourront-ils résister à la pression des anciens et, en particulier, de ceux qui comme Jean-Marie le Guen et autres François Loncle, ont encore un vrai relationnel voire des réseaux en Afrique?
Il n’a échappé à personne que Laurent Fabius a effectué récemment un bref séjour au Gabon. Dans quel but l’ancien Premier ministre de François Mitterrand a-t-il effectué ce voyage? Etait-il en mission commandée pour rassurer ce pays historiquement très lié à la France en cas de victoire de François Hollande?
«Il s’y est rendu dans le strict cadre de ses activités privées, en l’occurrence pour donner une conférence de presse sur la formation de cadres gabonais», indique Kofi Yamgnane. Dont acte!

Valentin Hodonou

25/04/2012

INSÉCURITÉ/ YOPOUGON/ Un poste des FRCI attaqué: 2 morts et 1 blessé grave


Règlement de compte ou crime prémédité? Difficile de répondre à cette interrogation avant l'enquête ouverte par les services de police et de gendarmerie de la plus grande commune d'Abidjan.
En effet le poste de police des FRCI situé sur le nouveau pont entre les quartiers SIDECI et NIANGON à Yopougon a été la cible d'homme en armes non identifiés. La cène s'est déroulée dans la nuit du mardi 24 au 25 avril 2012 aux environs de 1 heurs du matin. Des individus à bord d'une 4.4 et puissamment armés ont tout simplement ouvert le feu sur les FRCI qui ne pouvaient s'imaginer ce qui allait leur arriver. Vu que la veille aucun signe d'une quelconque attaque n'a été signalé.
La population environnante encore sous le choc se demande bien ce qui a réellement pu se passer.
Attention, le danger est donc dans la cité!

11/04/2012

DEMOCRATIE ASSASSINEE


DEMOCRATIE ASSASSINEE
LAURENT GBAGBO le porte étendard de la démocratie africaine vient d’être arrêté par la France à travers sa force militaire en Côte d’Ivoire, l’opération licorne appuyée par des snipers déversés dans toute la ville d’Abidjan. Son péché mignon, c’est d’avoir refusé d’être une marionnette à la solde de la France. «Je ne suis pas un sous-préfet français » pouvait-on l’entendre dire souvent dans les rencontres populaires. Or çà, la France n’aime pas l’entendre ! En effet tous ceux qui ont abondé dans le même sens avant Laurent GBAGBO ont cher payé au prix de leur vie. Ce sont Patrice Lumumba le congolais, Kwamé NKRUMA le ghanéen, Hamed Sékou TOURE le guinéen etc.
Revenu de son exil français en 1988, il a mené un combat sans faille face à la politique du parti unique de Houphouët BOIGNY. Un combat loyal dans le verbe (et non à par les armes) à travers l’hémicycle en tant que député d’Ouragahio, sa ville natale. Honnête et parfaitement incorruptible (selon les termes d’un politique français), l’homme était un véritable iconoclaste à telle enseigne que sa vision des choses était jugée trop brutale. Et pourtant en réalité Laurent GBAGBO n’avait pas rompu les ponts avec l’ancienne puissance coloniale, que dis-je la nouvelle ancienne puissance coloniale ! Car la France est le pays qui a plus de contrats en Côte d’ivoire avec l’eau, l’électricité, le gaz, le pétrole etc. Que reproche t’elle donc à Laurent GBAGBO ?
L’homme était gênant dans la conduite de sa politique car ne faisait jamais recours à la France dans les prises de décision, son ordre du jour de ses conseils des ministres ne venait jamais de l’Elysée. Contrairement aux autres chefs d’Etat africains qui ont pieds et mains liés dans l’engrenage français en venant au pouvoir, l’homme se voulait libre dans son esprit et dans ses actes.
Avec son arrestation aujourd’hui (Jeudi 11 Avril 2011 à 12H30), c’est l’espoir de tout le peuple ivoirien et même africain qui est mis en ruine. Revenant ainsi à 100 ans en arrière sous la domination coloniale française. Ce qui va d’avantage plonger la Côte d’Ivoire dans le sous-développement et la misère totale. Car quand finira t-elle de payer ses dettes vis-à-vis de la fameuse « communauté internationale » avant d’entamer son développement ? En réalité il y a beaucoup de dettes à payer : l’entretien de la rébellion depuis 2000, l’entretien de l’opération licorne depuis 2003 et tout ce qu’a dépensé l’ONU en Côte d’Ivoire sans oublier l’ancienne dette.
Pourrons-nous parler encore de liberté de parole, d’action et de circulation, en un mot de démocratie en Côte d’Ivoire sans être inquiété? Car cela, on peut au moins le reconnaître à Laurent GBAGBO dont le parcours est jalonné d’arrestations et d’emprisonnements parce que voulant la liberté pour son peuple. La démocratie vient d’être assassinée en Afrique, une fois de plus !
Abraham Laboriel, Abidjan le 12 Avril 2011

26/03/2012

Furia des FRCI contre les populations à Yopougon – Maquis pillés et saccagés, plusieurs blessés graves


Furia des FRCI contre les populations à Yopougon – Maquis pillés et saccagés, plusieurs blessés graves


par La rédaction le 26/03/12 à 7:04
Les Frci en nombre impressionnant et armés de kalachs, de couteaux, machettes ou barres de fer ont pris d'assaut, hier aux environs de 19h, les maquis jouxtant le stade Jesse Jackson avant de s'attaquer aux simples passants dans quartier Selmer. Où, disent-ils, un des leurs venu consommé de l'alcool dans le maquis Monde Arabe a eu maille à partir avec un autre client.
Ils saccagent d'abord le maquis avant de s'en prendre à ses occupants qui seront molestés, tailladés à la machette pour certains, selon les témoignages recueillis sur place. "Ça faisait pitié. Il y a même un passant agressé qui a perdu un œil. J’ai été dépossédé de mes deux téléphones portables et mon portefeuille", nous a raconté une victime de la descente brutale des éléments des Frci installés à la place de la Liberté de Yopougon Nouveau quartier, transformée en camp de fortune. Durant plus d'une heure, ces éléments déchaînés ont attaqué tous les maquis environnants, les dépouillant de leurs recettes avant de mettre tout sens dessus-dessous. Selon un témoin, l'on dénombre plusieurs dizaines de blessés après le passage des éléments des Frci, qui sont rentrés tranquillement à leur base après leur forfait. Ce type d'agression est fréquent depuis la transformation illégale de la place de la liberté en camp des Frci, se plaint un riverain du quartier Selmer.

B.S

La délinquance en treillis, épidémie ouest-africaine (par Théophile Kouamouo)

La délinquance en treillis, épidémie ouest-africaine (par Théophile Kouamouo)


par La rédaction le 26/03/12 à 7:09
La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C’est-à-dire à la case coup d’Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle» démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu’il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des «modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu’une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l’expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de circonspection. Ce qui s’est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d’un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s’est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manœuvres.


Si un des signes de la démocratie est l’existence d’une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l’on ne peut pas vraiment dire que le Mali d’Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d’une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n’a pas non plus bénéficié du soutien d’une armée qu’il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l’intégrité territoriale de son pays n’a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d’officier et d’homme d’Etat.

L’on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d’Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n’éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest. Nous devons nous poser une question : pourquoi n’y a-t-il donc ni de coup d’Etat, ni de rébellion dans les pays d’Afrique australe, à l’exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n’est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu’il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s’exprimer, prendre le pouvoir, en s’attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l’occasion d’une mutinerie qui n’est pas allée jusqu’à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l’armée française et les Casques bleus de l’ONU. La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd’hui, une épidémie ouest-africaine. Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour renverser Laurent Gbagbo, l’opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d’ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l’ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l’Union économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) n’engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics – carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés…– en transitant par les pays voisins. Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d’Afrique de l’Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n’enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l’honneur de se faire recevoir par leurs chefs d’Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l’imaginaire des «corps habillés» des contrées environnantes ?

L’on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s’organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit «Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste» et «rebelle», et que son numéro deux s’appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d’un Alassane Dramane Ouattara s’adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ? L’Afrique de l’Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s’amoncellent au-dessus de nos têtes.

Théophile Kouamouo