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06/10/2012

ASSASSINATS, EXÉCUTIONS SOMMAIRES EN COTE D’IVOIRE : Le sang de Boga Doudou, Désiré Tagro, Daly Oblé, Marcellin Yacé…et des 60 gendarmes crie justice


assassinats,exécutions sommaires,côte d ivoire,Désiré Tagro,Boga DoudouLe ministre Désiré Tagro, ex-secrétaire général de la Présidence, assassiné par le régime Ouattara d'une balle dans la tête le 11 avril 2011.
Le 05 octobre 2012 par LG Infos - Crimes de sangs : la Côte d’Ivoire à l’heure des grands procès ? Ne vous y trompez pas. Il ne s’agit pas de l’intitulé d’une série policière sortie tout droit des studios hollywoodiens. C’est plutôt la couleur du temps au pays

d’Alassane Ouattara. Où la justice des vainqueurs a ouvert les grands procès post-crise, en triant ses propres dents pour les brosser. Le 1er octobre 2012, le procureur militaire Ange Kessi a dit aux journalistes : «Affaire assassinat du Général Guéi Robert : Enquête terminée, inculpation du Commandant Séka Yapo Anselme pour enlèvement et assassinat ; du Général Dogbo Blé, du Lt Colonel Katet Gnatoa et du Capitaine Sakanoko Mory, ex-Officier Adjoint du Cecos, pour complicité d’enlèvement et d’assassinat. L’enquête vite terminée parce que les principaux suspects sont tous arrêtés et en détention donc entre les mains de la justice…». Ah bon ?! L’enquête sur la mort du Général Robert Guéi est vite terminée parce que les principaux suspects sont tous arrêtés et en détention, donc entre les mains de la justice. Dans ce pays, on peut donc mener une enquête en si peu de temps et rendre justice aux justiciables, parce que les principaux suspects sont «sous contrôle». Alors questions : Monsieur le procureur militaire, où sont les principaux suspects du meurtre des officiers Dagrou Loula, Daly Oblé et de la soixantaine de gendarmes tués aux premiers jours de la rébellion de 2002, revendiquée par Guillaume Soro ? Monsieur le Procureur de la République, qui sont les principaux suspects du meurtre du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Emile Boga Doudou, tué lui aussi dans l’attaque du 19 septembre 2002 en même temps que le Général Guéi? Qui a tué le 11 avril 2011 le ministre Désiré Tagro, sorti du bunker de Laurent Gbagbo avec une serviette blanche en main en signe de reddition ? Avez-vous une idée de qui a fait passer Marcelin Yacé de vie à trépas ? Où en est-on avec le massacre du camp de déplacés relocalisés de Nahibly à Duékoué. En avezvous identifiés les principaux suspects? Evidemment, vous n’avez pas de réponses. Du moins, pas maintenant. Autant que vous êtes ! Pour la simple raison que ces victimes ne figurent pas au nombre de vos dossiers prioritaires. Et puis, pour la plupart, ce sont des pro-Gbagbo… Un grand coup de pouce aux efforts de ces défenseurs des droits de l’Homme qui s’époumonent à faire entendre au monde entier que la Côte d’Ivoire est en train de sombrer dans les méandres de la justice des vainqueurs. Grâce à votre hiérarchisation, par ordre d’importance, des victimes d’une même crise, le monde entier découvre cet autre visage de la justice ivoirienne : celui du « rattrapage des victimes ». Les pro-Ouattara d’abord. Les pro-Gbagbo, passez à la saint glinglin. Faut-il comprendre désormais, en suivant votre logique, que l’assassinat du colonel major Dosso, en 2011, doit être mis au-dessus de celui du ministre Désiré Tagro lui aussi assassiné en 2011? Doit-on passer par perte et profit les assassinats de Boga Doudou, du Commandant militaire de la région de Bouaké, du lieutenant-colonel Dagrou Loula, Commandant de la compagnie territoriale de Korhogo et du Lieutenant-colonel Dali Oblé; pendant que l’on fait la gorge chaude pour celui du Général Robert Guéi ? On s’interroge.
L’ONU, LA CPI ET LA FRANCE JOUENT LEUR CRÉDIBILITÉ
C’est écrit dans la résolution 2062 (R 2062) du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) en date du 26 juillet 2012 : «Considérant que la situation en Côte d’Ivoire continue de mettre en péril la paix et la sécurité internationale dans la région, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies, (12)-Prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’Homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales, et à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Quant au point 13 cette résolution il dispose : «13. Demande à l’Onuci, dans la mesure où cela est compatible avec ses attributions et responsabilités, de continuer à appuyer les efforts déployés aux niveaux national et international pour traduire en justice les auteurs de violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire commises en Côte d’Ivoire, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique». Il est plus qu’urgent que les Nations unies qui sont bien au fait de la situation de justice des vainqueurs qui prévaut en Côte d’Ivoire sous Ouattara, aillent au-delà d’une simple littérature en usant de plus de fermeté à l’endroit du régime d’Abidjan. Des sanctions ciblées pourraient, par exemple, contraindre les autorités ivoiriennes à se bouger. Surtout qu’au point (10) ce texte «souligne qu’il faut d’urgence prendre des mesures concrètes pour promouvoir la justice et la réconciliation à tous les niveaux et de tous les côtés». Si le Conseil de sécurité de l’Onu veut réellement qu’il soit mis fin à la justice des vainqueurs, il gagnerait à taper du poing sur la table. Pareille pour Paris qui a de tout temps eu l’initiative des résolutions punitives contre la Côte d’Ivoire. François Hollande, le Président normal a l’occasion de montrer à l’Afrique qu’il ne fait pas de la démagogie. Il en va de même de la Cour pénale internationale (Cpi) dont l’ex-procureur Moreno Ocampo piaffait d’impatience de venir chercher Laurent Gbagbo. Il y a en Côte des criminels pour lesquels l’Onu «Prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, (ils) soient traduits en justice». Et ne l’oublions pas, depuis le mercredi 22 février 2012, les juges de la Cour pénale internationale (Cpi) ont autorisé le procureur de cette cour, à étendre les enquêtes sur les événements en Côte d’Ivoire à la période allant du 19 septembre 2002, jour du coup d ’Etat manqué, au 28 novembre 2010, date du second tour de l’élection présidentielle.
OUATTARA À L’ÉPREUVE DE SORO
Que l’on remonte jusqu’à la crise de 2002 qui a emporté Boga Doudou, Dagrou Loula, Dali Oblé, Marcelin Yacé, les gendarmes de Bouaké et aux anonymes massacrés dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire ou partout ailleurs. Ou qu’on ne retienne que la crise postélectorale, le principal accusé dans le camp Ouattara c’est l’actuel président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. Déjà en 2003, il a été épinglé par des humanitaires, notamment Amnesty international, Human Wrights Watch pour le recrutement d’enfants soldats. Après avoir revendiqué le coup d’Etat manqué contre Laurent Gbagbo qui a fait couler du sang innocent. En novembre 2011, quand Ouattara l’a nommé Premier ministre, il lui a demandé de préparer ses hommes à une possible offensive militaire en cas de blocage politique persistant. Trois mois plus tard, ils passent à l’attaque. Dans l’Ouest, à Duékoué, plusieurs centaines de civils sont tués, selon les Ong. Des crimes imputés aux hommes de Soro qui s’ajoutent à une longue série d’exactions commises depuis 2002. Il parle de «dérapages» à Duékoué en disant : «Nous étions en état de légitime défense ! Je considère avoir sauvé des milliers de vies humaines par mon action». Ouattara a-t-il le pouvoir de défaire celui qui l’a fait ? On s’interroge. Pendant ce temps, l’Onu et les Organisations de défense des droits de l’homme se font menaçantes !
Barthélemy Téhin
barthelemytehin@yahoo.fr



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