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15/09/2012

ALERTE/Yopougon-Koweit: Les FRCI enlèvent, brutalisent et rackettent les populations. 150.000 CFA par personne pour leur libération


ven, 14 sept. 2012 - 9:11 Catégorie:Abidjan Business
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Image d'archives. Civils ivoiriens brutalisés par les FRCI à Abidjan-Yopougon.Le 14 septembre 2012 par Correspondance particulière - En réaction aux attaques répétées contre les postes des FRCI, le premier policier de Côte

d'Ivoire, Hamed Bakayoko avait promis de livrer une guerre sans merci à ceux qui veulent déstabiliser le régime de Dramane Ouattara. On suppose qu’en application aux ordres du ministre de l'intérieur, les FRCI ont effectué une descente musclée au quartier Yopougon-Koweit, mercredi 12 septembre dernier. Cependant, contrairement à leurs routines, les hommes de Dramane Ouattara ont décidé d'innover dans leur chasse aux miliciens.
Cette fois, les autobus ont été pris à partie et vidés de leurs passagers à l'exception des femmes. La question qui nous vient à l'esprit est de savoir comment reconnait-on un milicien dans un autobus?
C’est en tout cas un secret que seuls les FRCI détiennent. Selon notre informatrice qui était sur les lieux pendant cette scène digne d’un film d’action, les FRCI ont créé une panique généralisée à leur arrivée, causant à cet effet la fuite des vendeurs en bordure de route. Les autobus ont été fouillés et leurs occupants brutalisés. Les usagers trouvés récalcitrants ont été mis à poil et battus avant d’être conduits aux véhicules de patrouille. Quant aux infortunés qui sautaient par les fenêtres des autobus, ils étaient accueillis à coups de crosses, rappelant les souvenirs douloureux des violences post-électorales. La description de cette scène insoutenable arrache des sanglots à notre informatrice qui nous demande de faire quelque chose. « Ces jeunes seront tués si vous ne faites rien », lâchera-t-elle en substance. Cet avis est aussi partagé par M. Yao qui était hésitant à nous parler. «Ici au quartier Koweït, on a peur de tout. Qu’est ce qui prouve que vous n’êtes pas un espion? », dira-t-il.
Mais qu’à cela ne tienne, M. Yao accepte de prendre le risque de se confier à nous. Il nous apprend que tous ces jeunes arrêtés seront conduits à un endroit tenu secret et feront l’objet de rançon. C’est la somme de 150 mille CFA par personne. C’est ainsi que les FRCI arrondissent leur fin de mois. Ceux qui ont les moyens de payer sont automatiquement libères tandis que les plus malchanceux feront l’objet de tortures en attendant qu’ils soient conduits à d’autres lieux de détention. M. Yao dit avoir dépensé le même montant pour son jeune frère qui a été enlevé, alors qu’il partait régler la facture d’eau. Les rançonneurs demandaient 350 mille Fcfa mais ont fini par accepter 150 mille CFA. Aux dires de M. Yao, ces pratiques sont courantes dans la commune de Yopougon, que le régime Ouattara a décidé de punir pour sa loyauté au Président Laurent Gbagbo.

Une correspondance particulière de Zio Douto

"zdfaustin@yahoo.com"

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