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11/04/2012

DEMOCRATIE ASSASSINEE


DEMOCRATIE ASSASSINEE
LAURENT GBAGBO le porte étendard de la démocratie africaine vient d’être arrêté par la France à travers sa force militaire en Côte d’Ivoire, l’opération licorne appuyée par des snipers déversés dans toute la ville d’Abidjan. Son péché mignon, c’est d’avoir refusé d’être une marionnette à la solde de la France. «Je ne suis pas un sous-préfet français » pouvait-on l’entendre dire souvent dans les rencontres populaires. Or çà, la France n’aime pas l’entendre ! En effet tous ceux qui ont abondé dans le même sens avant Laurent GBAGBO ont cher payé au prix de leur vie. Ce sont Patrice Lumumba le congolais, Kwamé NKRUMA le ghanéen, Hamed Sékou TOURE le guinéen etc.
Revenu de son exil français en 1988, il a mené un combat sans faille face à la politique du parti unique de Houphouët BOIGNY. Un combat loyal dans le verbe (et non à par les armes) à travers l’hémicycle en tant que député d’Ouragahio, sa ville natale. Honnête et parfaitement incorruptible (selon les termes d’un politique français), l’homme était un véritable iconoclaste à telle enseigne que sa vision des choses était jugée trop brutale. Et pourtant en réalité Laurent GBAGBO n’avait pas rompu les ponts avec l’ancienne puissance coloniale, que dis-je la nouvelle ancienne puissance coloniale ! Car la France est le pays qui a plus de contrats en Côte d’ivoire avec l’eau, l’électricité, le gaz, le pétrole etc. Que reproche t’elle donc à Laurent GBAGBO ?
L’homme était gênant dans la conduite de sa politique car ne faisait jamais recours à la France dans les prises de décision, son ordre du jour de ses conseils des ministres ne venait jamais de l’Elysée. Contrairement aux autres chefs d’Etat africains qui ont pieds et mains liés dans l’engrenage français en venant au pouvoir, l’homme se voulait libre dans son esprit et dans ses actes.
Avec son arrestation aujourd’hui (Jeudi 11 Avril 2011 à 12H30), c’est l’espoir de tout le peuple ivoirien et même africain qui est mis en ruine. Revenant ainsi à 100 ans en arrière sous la domination coloniale française. Ce qui va d’avantage plonger la Côte d’Ivoire dans le sous-développement et la misère totale. Car quand finira t-elle de payer ses dettes vis-à-vis de la fameuse « communauté internationale » avant d’entamer son développement ? En réalité il y a beaucoup de dettes à payer : l’entretien de la rébellion depuis 2000, l’entretien de l’opération licorne depuis 2003 et tout ce qu’a dépensé l’ONU en Côte d’Ivoire sans oublier l’ancienne dette.
Pourrons-nous parler encore de liberté de parole, d’action et de circulation, en un mot de démocratie en Côte d’Ivoire sans être inquiété? Car cela, on peut au moins le reconnaître à Laurent GBAGBO dont le parcours est jalonné d’arrestations et d’emprisonnements parce que voulant la liberté pour son peuple. La démocratie vient d’être assassinée en Afrique, une fois de plus !
Abraham Laboriel, Abidjan le 12 Avril 2011

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